À Addis-Abeba, l’Algérie a insisté sur la nécessité de transformer l’adhésion de l’Union africaine au G20 en levier d’influence durable. Intervenant lors du Conseil exécutif de l’UA, le ministre d’État et chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, a souligné que cette participation ne devait pas être « une fin en soi », mais un instrument pour sortir le continent de la marginalisation dans la gouvernance mondiale.
Pour Alger, l’enjeu dépasse le symbole. L’intégration de l’UA comme membre permanent du G20 doit permettre de replacer les priorités africaines — financement du développement, dette, sécurité alimentaire, transition énergétique — au cœur des débats économiques internationaux. « Une préparation optimale » est donc indispensable, a martelé Ahmed Attaf, appelant à une coordination étroite entre la Commission de l’UA et la présidence tournante afin d’éviter les dissonances diplomatiques.
Unifier les positions africaines
La délégation algérienne a également proposé de s’inspirer du « processus d’Oran », mécanisme de concertation régionale, pour harmoniser les positions africaines. L’objectif affiché est clair : parler d’une seule voix face aux grandes puissances économiques et peser collectivement sur les décisions stratégiques. Pour Alger, l’efficacité de la présence africaine au G20 dépendra de sa cohésion interne.
Ahmed Attaf a par ailleurs salué la présidence sud-africaine du G20 et le sommet de Johannesburg, présenté comme un tournant historique. Premier sommet organisé sur le sol africain sous la direction d’un pays du continent, il a marqué, selon lui, une reconnaissance accrue des aspirations africaines. Les conclusions adoptées constituent, aux yeux d’Alger, un acquis à consolider dans le cadre de la participation permanente de l’UA.
À travers cette prise de position, l’Algérie confirme son activisme diplomatique en faveur d’une représentation africaine renforcée dans les enceintes internationales. Pour Alger, il s’agit moins d’occuper un siège que d’y défendre, de manière structurée et stratégique, les intérêts d’un continent longtemps relégué aux marges des décisions globales.