Un désastre climatique a violemment frappé l’île, les vents violents et les inondations ont semé le chaos, particulièrement à Toamasina au nord-est de l’île. Certaines informations évoquent la destruction de 90 % des toits de cette ville, la deuxième du pays.
Les autorités malgaches, dépassées, sollicitent un soutien extérieur urgent pour la reconstruction.
Dévastation massive, bilan humain lourd et appel à l’aide
Le passage de Gezani, une semaine après le cyclone Fytia qui avait traversé l’île en sens inverse, a amplifié les destructions sur des sols déjà fragilisés. La ville portuaire de Toamasina, habitée par près de 400 000 personnes, a été touchée de plein fouet par l’œil du cyclone et des rafales allant jusqu'à 250 km/h. Il s'agit d’« un des impacts directs les plus intenses de l’ère satellitaire », affirme le centre météorologique de La Réunion.
Des images aériennes montrent des toits éventrés, des arbres arrachés et des rues impraticables, jonchées de débris. « C’est le chaos total, 90 % des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie », décrit Rija Randrinarisoa, responsable régional de l’ONG Action contre la faim.
La situation de la ville de Toamasina est particulièrement grave et des images vidéos sont largement relayées sur les réseaux sociaux.
Au niveau national, le bilan provisoire s’alourdit : 31 décès confirmés, quatre disparus et des milliers de maisons détruites ou inondées. Le colonel Michaël Randrianirina, président de la transition, s’est rendu sur place, pataugeant dans les rues inondées pour évaluer les dégâts.
Comme il l’a déclaré : « Madagascar ne peut pas s’en sortir seul, par ses propres moyens ».
Le gouvernement a débloqué une aide initiale via le Système des Nations unies, avec 5 millions de dollars pour les premiers secours, mais les besoins se chiffrent en dizaines de millions. Des fonds d’urgence comme le programme REPAIR ou le CERP de la Banque mondiale pourraient être activés. Tandis que Gezani s’affaiblit en traversant l’île d’est en ouest, il risque de regagner en force dans le canal du Mozambique, menaçant le sud déjà sinistré par des inondations. Les communes s’attellent à déblayer les décombres, mais la reconstruction devra intégrer des mesures adaptées au changement climatique pour éviter de futures tragédies similaires dans une zone du sud-est africain régulièrement touchée par ces phénomènes climatiques.