Les autorités sénégalaises ont révélé l’interpellation de quatorze suspects dans une opération visant à éradiquer un groupe criminel transnational impliquant le Sénégal et la France. Les accusations portent sur des actes graves contre des enfants, orchestrés par un commanditaire français, Pierre Robert, déjà incarcéré.
La Division des investigations criminelles (DIC) de la police sénégalaise a décrit cette intervention comme un « coup de filet majeur », fruit d’une collaboration étroite avec les autorités françaises, incluant une délégation venue de l’Hexagone. Les perquisitions ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Dakar et à Kaolack, à environ 200 kilomètres de la capitale. Les quatorze mis en cause, tous sénégalais, font face à des chefs d’inculpation incluant « pédophilie en bande organisée », proxénétisme, viols sur mineurs de moins de 15 ans, actes contre nature et transmission volontaire du VIH-sida.
Selon le communiqué officiel, ce réseau était actif depuis 2017 et se spécialisait dans l’exploitation sexuelle de jeunes garçons, transformés en « objets sexuels » et contraints à des rapports non protégés, souvent filmés.
Quatre des suspects auraient opéré sur instructions directes d’un Français de 72 ans, arrêté à Beauvais en avril 2025 pour des faits similaires. Ce notable, propriétaire d’immeubles et d’un restaurant, est soupçonné d’avoir financé le groupe via des transferts d’argent, dans le but de produire du contenu pédopornographique. Les enquêteurs estiment que jusqu’à 150 enfants pourraient avoir été victimes de ces abus.
L’affaire suscite un vif émoi au Sénégal, où les organisations de défense des droits humains appellent à des sanctions exemplaires et à un meilleur suivi des victimes.
Cette opération met en lumière les défis de la coopération internationale contre la pédocriminalité transfrontalière, renforcée par des lois durcies au Sénégal depuis 2020. Les autorités françaises, impliquées depuis l’arrestation initiale à Beauvais, poursuivent l’enquête pour identifier d’éventuelles autres ramifications, potentiellement au Maroc.
Les suspects ont été présentés à un juge à Dakar, où le procès pourrait révéler davantage sur l’ampleur de ce réseau odieux, alors qu’en France, l’affaire Epstein produit des effets collatéraux, à l’image des accusations contre l’ancien ministre Jack Lang.