Le Mali a adopté les textes relatifs à la création de la Société de patrimoine minier du Mali, dénommée SOPAMIM S.A., a annoncé le Conseil des ministres du Mali le 6 février. « Le secteur minier constitue l’un des secteurs stratégiques de notre économie. Il contribue de manière significative aux recettes d’exportation et fiscales, au développement du secteur privé et à l’attractivité des investissements directs étrangers », a indiqué le communiqué.
Cette société aura pour mission de gérer les participations de l’État dans les sociétés minières, conformément aux orientations du nouveau Code minier, qui vise à renforcer la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles et à assurer une gestion du secteur dans l’intérêt supérieur de la Nation.
La SOPAMIM devra également jouer un rôle stratégique dans l’acquisition progressive d’actifs miniers, avec l’objectif, à terme, d’accroître le contrôle public sur certaines exploitations, dans une logique de nationalisation graduelle et de valorisation des richesses nationales. Le communiqué a précisé que le capital de la société sera détenu à 100 % par l’État.
La création de cette entreprise publique s'inscrit dans le cadre de la réforme du secteur minier malien engagée depuis 2023. À cette même époque, les autorités locales ont lancé une refonte du cadre réglementaire du Mali, afin de capter une plus grande part de la valeur générée par l’exploitation minière. Ces changements ont été accompagnés d’un vaste audit ayant permis de récupérer 761 milliards de francs CFA (environ 1,2 milliard de dollars) d’arriérés auprès des compagnies minières.
Cependant, ce durcissement de la réglementation a provoqué des tensions avec certains acteurs majeurs du secteur. Le litige avec Barrick, qui a duré près de deux ans, a conduit à la mise sous administration provisoire du complexe Loulo-Gounkoto, le plus grand site aurifère du pays, jusqu'à la conclusion d'un accord fin 2024. Ce litige a également entraîné une forte baisse de la production industrielle d'or du Mali : en 2025, celle-ci a chuté de près de 23 %.