En visite à Alger, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a plaidé, le 5 février, à l’ouverture d’une conférence de haut niveau sur le thème « Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités », coorganisée par la Banque d’Algérie et le FMI, pour une accélération de l’intégration économique régionale et le développement des partenariats entre les régions d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne et de l’Europe. Un impératif rendu nécessaire par une « profonde transformation mondiale ».
Pour la cheffe du FMI, cette transformation est marquée par l’intensification des tensions géopolitiques et une pleine restructuration des flux commerciaux et financiers, par des reconfigurations des chaînes d’approvisionnement, ainsi que par la transition des systèmes énergétiques et l’essor rapide des technologies, notamment l’intelligence artificielle, qui redéfinissent l’environnement économique international.
Afrique du Nord, région à haut potentiel de commerce et d’intégration
Évoquant la position géographique stratégique de l’Afrique du Nord, qui constitue un pont naturel entre l'Europe et le reste du continent, Kristalina Georgieva a affirmé qu’en période d’« incertitude accrue », la coopération régionale et les échanges sont plus que jamais nécessaires, dans la mesure où la région recèle un potentiel énorme en matière de commerce et d’intégration, d’autant qu’elle dispose déjà d’une longue tradition de liens économiques, de routes commerciales et de flux d'investissement.
Dans une autre perspective, la directrice générale du FMI a évoqué l’importance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qualifiée de « moteur d’intégration » régionale et d’« atout majeur pour le continent, tant pour ses populations que pour ses relations économiques avec l’Europe ».
Dans ce contexte, Kristalina Georgieva a indiqué les nombreuses opportunités d'investissement et de partenariat de l'Afrique du Nord, appelant au développement de pôles de production intégrés, de projets d’infrastructures interrégionales, notamment ferroviaires, ainsi que de plateformes de connectivité numérique, susceptibles de générer « des économies d’échelle et d’améliorer l’efficacité logistique à l’échelle du continent ».
Potentiel énergétique fossile et renouvelable
En matière d’énergie, la directrice générale du FMI a estimé que les ressources pétrolières et gazières, ainsi que le potentiel solaire et éolien de l’Afrique du Nord, peuvent tant alimenter les industries nationales qu’internationales, en plus de soutenir la transition énergétique de l'Europe, tout en contribuant à réduire le déficit d'électricité africain.
Dans ce contexte, elle a appelé l’Algérie, qui a réussi à faire progresser les projets hybrides solaires-gaz au Sahara, à développer les interconnexions électriques avec l'Europe et à investir dans l'hydrogène vert destiné à l'exportation.
Réduire les barrières commerciales intra-africaines
Kristalina Georgieva a aussi recommandé de réduire les barrières commerciales et de renforcer les échanges intra-africains, pointant un commerce toujours limité entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, avec 4 % seulement des exportations et à peine 1 % des importations.
Elle a souligné la nécessité de réformes visant à améliorer l’environnement des affaires, la gouvernance et la logistique, notamment par la modernisation des ports, des douanes et le développement des infrastructures transfrontalières.