Afrique

Maroc : face aux intempéries, plus de 100 000 personnes évacuées préventivement

La situation est critique dans le nord-ouest marocain avec une alerte météorologique rouge, prévoyant de fortes précipitations qui pourraient dégénérer en inondations exceptionnelles dans le pays. Les autorités ont procédé à l’évacuation des citoyens dans les zones à risque, tout en surveillant de près le remplissage des barrages locaux.

Dans des déclarations à la presse le 4 février, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a indiqué que les autorités publiques marocaines avaient entamé ces derniers jours une mobilisation totale et anticipative, en étroite coordination entre les différents départements et services. Dans le cadre de ces opérations, l’évacuation de 108 423 personnes a été menée dans la province de Larache, au nord-ouest du pays, et notamment dans la ville de Ksar El Kebir, où 81 709 personnes ont été évacuées.

Selon un bulletin d'alerte de vigilance rouge, émis le 3 février par la Direction générale de la météorologie, de fortes pluies, parfois orageuses, sont prévues dans les jours suivants, avec des cumuls pouvant atteindre entre 100 et 150 millimètres dans la province, déjà sinistrée par des inondations exceptionnelles.

Approche préventive

Rachid El Khalfi a indiqué qu’un suivi continu et proactif de la situation climatique, ainsi qu’une mise en œuvre d’une approche préventive, visent à protéger les vies et les biens avant l’aggravation des risques liés aux inondations. Dans ce contexte, une mobilisation totale et anticipative a été lancée pour faire face à cette situation exceptionnelle, face à la hausse significative du niveau des fleuves et des cours d’eau, sous la conduite des autorités publiques.

Sur le terrain, les Forces armées royales, en coordination avec le ministère de l’Intérieur et d’autres intervenants gouvernementaux, ont été déployées pour encadrer les opérations d’évacuation et assurer le transport des populations, avec d’importants moyens logistiques et humains. Les autorités assurent que ces mesures préventives ont permis de limiter les impacts de la situation et de garantir la sécurité des habitants.

Barrages sous surveillance

À l’origine de la situation dans le nord-ouest marocain, le barrage d’Oued El Makhazine, dans le bassin du Loukkos, a vu son taux de remplissage atteindre près de 146 % le 4 février, un niveau record depuis sa mise en service en 1972, ce qui a conduit à des lâchers d’eau contrôlés.

Selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau, aucun dysfonctionnement n’a été enregistré sur l’ouvrage jusqu’au 4 février, malgré le dépassement de son taux normal de remplissage observé depuis le 6 janvier.

Selon la presse marocaine, d’autres barrages, comme celui de Mohammed V (près de 89 %) et celui de Chefchaouen (au-delà de 100 %), font également l’objet d’une surveillance renforcée.