Afrique

Le Maroc rejette toute accusation de laxisme dans l’enquête sur la disparition d’un Français converti à l’islam

Les autorités marocaines ont rejeté, le 2 février, les accusations de lenteur formulées par Le Figaro dans l’enquête sur la disparition de Clément Besneville, un ressortissant français de 29 ans porté disparu à Rabat en 2024. La police marocaine affirme avoir ouvert les investigations dès le premier signalement et mobilisé d’importants moyens.

Selon les éléments relayés par la presse française, le jeune homme avait été aperçu pour la dernière fois le 9 avril 2024, jour de l’Aïd el-Fitr, dans le quartier de l’Océan, au centre de la capitale marocaine. Ce jour-là, il avait échangé par téléphone avec un proche alors qu’il se trouvait à la terrasse d’un café, dans une zone très fréquentée. Après ce contact, il n’a plus donné signe de vie.

Originaire de Seine-et-Marne, Clément Besneville avait étudié les sciences de l’ingénierie à l’université Paris-Saclay avant de s’installer au Maroc. Converti à l’islam durant ses années universitaires, il avait fait le choix de s’établir à Rabat pour y développer un projet professionnel, notamment l’ouverture d’une pizzeria avec un partenaire local, à proximité de l’avenue Laalou, un axe commercial important de la ville.

Une enquête qui ne donne rien

Face aux accusations relayées par Le Figaro, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) marocaine affirme que l’enquête a été ouverte dès le 13 avril 2024, au lendemain du signalement officiel de la disparition. Les premières investigations menées dans l’appartement qu’occupait le ressortissant français n’ont révélé ni effraction ni vol. Ses effets personnels et une somme d’argent ont été retrouvés sur place. Des analyses scientifiques et des prélèvements ADN ont également été réalisés sans confirmer l’hypothèse d’un acte criminel.

L’affaire a ensuite été confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire du Maroc (BNPJ), basée à Casablanca. Plus de 60 auditions ont été menées, les appareils électroniques du disparu ont été examinés et ses déplacements ont été reconstitués dans plusieurs villes du pays. Des recherches ont également été élargies à différentes régions, y compris dans des zones montagneuses du Haut Atlas.

Les autorités marocaines indiquent par ailleurs que la famille de Clément Besneville a été reçue à plusieurs reprises par les services de police judiciaire et régulièrement informée de l’évolution du dossier. Elles rejettent également la piste d’une radicalisation religieuse, évoquée par le quotidien français, assurant que les investigations menées en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire du Maroc (DGST) n’ont mis en évidence aucun lien avec des réseaux extrémistes.

La DGSN conclut en affirmant que l’enquête se poursuit sous supervision judiciaire marocaine, la dernière procédure datant de janvier 2026, et réfute toute accusation de négligence ou de manque de diligence.