Afrique

«Complément d’enquête» et l’Algérie : une polémique politico-médiatique aux lourds enjeux

Complément d’enquête sur France 2 consacré à l’Algérie a déclenché une vive controverse à Alger. Les médias algériens accusent certains responsables politiques français, dont Rachida Dati, d’avoir favorisé un contenu hostile. L’affaire met en lumière les tensions et la sensibilité du traitement médiatique des relations franco-algériennes.

La diffusion récente d’un numéro de Complément d’enquête sur France 2 consacré à l’Algérie a ravivé de fortes tensions politiques et médiatiques entre Paris et Alger. En Algérie, le programme est perçu comme une production à charge, reposant sur des accusations jugées infondées et des raccourcis accusatoires, présentés comme une atteinte à l’image et à la souveraineté du pays.

La télévision algérienne a répliqué par une contre-enquête dénonçant ce qu’elle qualifie d’opération de propagande, mettant en cause les conditions de fabrication et de validation éditoriale du reportage.

Rachida Dati pointée du doigt

Au cœur de la polémique figure la ministre française de la Culture, Rachida Dati, d'origine marocaine. Selon des sources relayées par les médias publics algériens, elle aurait joué un rôle déterminant dans la diffusion de ce contenu controversé sur une chaîne du service public français.

Ces accusations, présentées comme étayées par des témoignages et des éléments de contexte, l’inscrivent dans une dynamique politique plus large, marquée par une ligne dure vis-à-vis de l’Algérie au sein d’une partie de la classe politique française. À ce stade, aucune preuve judiciaire n’a été rendue publique en France, et les intéressés n’ont pas officiellement répondu point par point à ces mises en cause.

La contre-enquête algérienne évoque également l’influence de courants politiques conservateurs et d’extrême droite sur certains segments de l’appareil médiatique français, estimant que ce reportage s’inscrit dans une stratégie visant à entraver tout rapprochement durable entre Paris et Alger. Des personnalités françaises, dont des responsables associatifs et des historiens spécialistes de la relation franco-algérienne, ont souligné la sensibilité du traitement médiatique de ces sujets, appelant à plus de rigueur, de contextualisation et de responsabilité éditoriale.

Au-delà des accusations personnelles, cette affaire illustre les fragilités persistantes de la relation franco-algérienne, où chaque production médiatique à forte portée politique devient un objet de confrontation diplomatique. Elle pose aussi la question de l’indépendance des médias publics, de leurs choix éditoriaux et de leur instrumentalisation possible dans un climat politique déjà fortement polarisé.