Afrique

Botswana : l’accumulation de stocks de diamants risque de freiner durablement la croissance

Avec plus du double du stock de diamants autorisé, le Botswana se retrouve confronté à une crise de liquidité et à une baisse des revenus de l’industrie diamantaire, une situation qui devrait pénaliser durablement la croissance économique du pays.

L’économie du Botswana est actuellement confrontée à une situation difficile, liée notamment à un manque de liquidités et à un dépassement de plus du double des objectifs de stocks de diamants. Selon le document de stratégie budgétaire 2026-2027, publié le 20 janvier par le ministère des Finances, les réserves de diamants du gouvernement s’élevaient à 12 millions de carats à la fin décembre 2025, soit près du double du plafond fixé à 6,5 millions de carats.

Selon le ministère, à court terme, la production devrait rester globalement inchangée jusqu’à ce que le niveau des stocks se rapproche des seuils minimaux autorisés, ouvrant ainsi une marge de manœuvre pour une reprise de la production. Cette situation s’explique par un recul généralisé des ventes, accentué par la baisse de la demande aux États-Unis et en Chine, où les détaillants ont réduit leurs commandes, sur fond de préférence croissante des consommateurs pour les pierres artificielles, jugées plus abordables.

Droits de douane américains et chute du prix du carat

La faiblesse des prix du carat et l’érosion des marges s’expliquent également par la hausse à 15 % des droits de douane américains — voire davantage sur certains marchés clés, comme l’Inde —, une dynamique susceptible de prolonger la pression à la baisse sur les prix du diamant et de réduire encore les marges, selon le ministère des Finances du Botswana.

Concernant le prix du carat de diamant brut, les estimations officielles font état d’un niveau de 99,3 dollars le carat, contre 128,8 dollars en 2024. En cas de poursuite de la baisse des prix dans les prochains mois, les recettes minières pourraient se révéler inférieures aux prévisions actuelles, a averti le ministère. Pour l’exercice 2025-2026, les recettes minières sont ainsi estimées à 10,3 milliards de pulas (environ 770 millions de dollars), un niveau nettement inférieur à la moyenne de long terme, établie à 25,3 milliards de pulas.

La crise mondiale du diamant menace l’économie du Botswana

Qualifiant la situation de « menace importante » pour la croissance, le ministère des Finances anticipe une contraction économique proche de 1 % en 2025. Il souligne également le risque d’une persistance à moyen et long terme de la crise du diamant, « avec la possibilité qu’elle ne se résorbe jamais ».

Cette conjoncture est aggravée par la baisse des réserves de change et de l’épargne publique, qui réduit encore la marge de manœuvre budgétaire et limite les options en matière de politique de change, conclut le ministère.