Le rapport financier intérimaire publié le 28 août par la compagnie minière West African Resources (WAF), plus grand producteur d’or du Burkina Faso, a indiqué une augmentation significative des revenus de l’État, qui avait porté sa participation gratuite de 10 à 15 % en vertu du nouveau code minier du pays, entré en vigueur en 2024. Une mesure qui s’inscrit dans les efforts du pays pour renforcer la souveraineté économique et financer un budget lourdement éprouvé dans un contexte marqué par les menaces sécuritaires des groupes armés qui sévissent dans certaines parties du territoire.
Le gouvernement de Ouagadougou se prépare à annoncer son intention d’acquérir une participation supplémentaire de 35 % dans la mine d’or de Kiaka, portant ainsi ses parts à 50 %, selon un communiqué de la WAF du 28 août. De son côté, le gouvernement burkinabè n’a pas encore confirmé officiellement l’annonce de la compagnie minière, alors que le prix de cette acquisition demeure inconnu.
La mine d’or de Kiaka est entrée en production en juin 2025. Sa production annuelle est estimée à 234 000 onces d’or durant les 20 prochaines années, selon les chiffres de la WAF. L’agence Ecofin estime pour sa part les revenus annuels de la mine à une moyenne de 795,6 millions de dollars au cours actuel de l’or.
Des finances publiques plus solides
L’augmentation des parts du gouvernement burkinabè dans les activités aurifères constitue un gain budgétaire majeur pour l’État, à un moment où l’or est le principal produit d’exportation et la principale source de devises du pays. Le Burkina Faso dépend, en effet, de plus en plus de la production aurifère industrielle, qui devrait d’ailleurs augmenter de 4 % pour atteindre 55,7 tonnes cette année, selon Aristide Belemsobgo, directeur général des mines et de la géologie au ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières.
Pour Ouagadougou, l’augmentation des recettes issues de la production aurifère contribue à consolider les finances publiques, à soutenir les programmes sociaux et à financer la lutte contre les groupes armés. Cette même tendance se retrouve chez les deux autres alliés du Burkina Faso (le Mali et le Niger) au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui ont modifié une législation jugée trop favorable aux compagnies étrangères, au profit de nouveaux codes miniers accordant un plus grand contrôle aux États sur leurs ressources naturelles.
Selon le code minier burkinabè de 2024, le gouvernement peut acquérir jusqu’à 30 % de participation, en plus des 15 % gratuits, en fonction des coûts d’exploration et des études de faisabilité.