Afrique

Le Burkina Faso lance un programme stratégique de culture de céréales

Le gouvernement burkinabé a annoncé le 8 février le démarrage d'un programme de production céréalière. Il vise à assurer la sécurité et l'indépendance alimentaire du pays.

Le ministre burkinabé de l'agriculture a officiellement lancé l'exécution du «Projet d'urgence pour le renforcement de la production agricole au Burkina Faso» (PURPA-BF), peut-on lire dans un post publié le 8 février sur la chaîne Telegram L'Index de l'Afrique.

Ce projet est financé à hauteur de 25 milliards de francs CFA (soit 38 millions d'euros) par la Banque africaine de développement. Sur son site, cette dernière en présentait dès le mois de juillet 2023 les objectifs : tout d'abord, aider les agriculteurs du Burkina Faso à accroître la production alimentaire pour atténuer l’impact de la guerre en Ukraine. De plus, il entend contribuer à l’augmentation des productions de maïs, riz, soja, niébé, sorgho et blé pour renforcer la sécurité alimentaire du pays.

Le programme repose avant tout sur la distribution de 34 000 tonnes d'engrais et de 3 000 tonnes de semences certifiées de variétés à haut rendement et robustes à des prix dont une partie est prise en charge par l'Etat au profit des petites exploitations. Il concernera 250 municipalités disposant de terres agricoles situées dans des plaines irriguées.

«Rompre à jamais la dépendance alimentaire»

A l'heure actuelle, le pays consomme 315 000 tonnes de blé par an, dont 95% provient de la France et de la Russie. La dernière tentative de production locale date de 2005/2006, lors de laquelle avaient été produites 2 000 tonnes de céréales sur une surface de 500 hectares dans le cadre d'un projet pilote. Dans un contexte de stagnation de la production céréalière, estimée à 5,2 millions de tonnes en 2023, le gouvernement avait pris la décision, le 21 décembre dernier, d'interdire les exportations de céréales.

Le 26 janvier dernier, le Burkina Faso avait reçu 25 000 tonnes de blé de la part de la Fédération de Russie, dans le cadre des 200 000 tonnes promises par Vladimir Poutine à plusieurs pays africains lors du sommet Russie-Afrique de l'été dernier.

«Ce don ne doit pas s'inscrire dans un cycle infini de dons. Il doit nous interpeller sur le travail urgent, nécessaire et impératif pour le développement de nos propres capacités de production afin de rompre à jamais la dépendance alimentaire vis-à-vis de l'extérieur», avait de son côté réagi Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabè des Affaires étrangères, lors de cette livraison somptuaire.

Dirigé par des militaires depuis septembre 2022, le Burkina Faso cherche à diversifier ses partenariats depuis sa rupture avec la France, ex-puissance coloniale.